DOCUMENT DE SYNHTHESE SUR LA POLITIQUE SECTORIELLE DE TRANSFORMATIONS INDUSTRIELLES ET ARTISANALES

SYNHTHESE DE LA POLITIQUE SECTORIELLE TRANSFORMATIONS INDUSTRIELLES ET ARTISANALES.

  1. Contexte et justification

Le Burkina Faso a adopté le 20 juillet 2016 le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) en tant que référentiel national de planification du développement à l’horizon 2020. Inspiré de l’Etude Nationale Prospective (ENP) Burkina 2025, du programme présidentiel et des engagements internationaux auxquels le pays a souscrit, le PNDES ambitionne de transformer structurellement l’économie burkinabè pour une croissance forte, durable, résiliente, inclusive, créatrice d’emplois décents pour tous et induisant l’amélioration du bien-être social.

Le succès de la mise en œuvre du PNDES impose que l’ensemble des outils de planification du développement qui en découlent soient en phase avec ce dernier pour contribuer de façon efficiente à la réalisation des objectifs de développement économique et social poursuivis.

Pour ce faire, le Gouvernement a opté pour une approche fondée sur les « secteurs de planification ». Un rapport relatif à la définition de ces secteurs a été adopté en Conseil des ministres en sa séance du 16 novembre 2016. Ce rapport consacre quatorze (14) secteurs de planification qui doivent faire l’objet chacun d’une politique sectorielle.

Le secteur TIA qui couvre les trois (03) axes du PNDES et dont le Ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat (MCIA) en est le chef de file comprend en outre le Ministère de l’Energie (ME), le Ministère des Mines et Carrières (MMC) et le Ministère de la Culture, des Arts et du Tourisme (MCAT).

C’est à cet effet que, conformément aux instructions de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre, les acteurs du secteur TIA ont élaboré le projet de politique sectorielle « transformations industrielles et artisanales » qui ambitionne être le cadre d’orientation de l’action du Gouvernement dans le secteur pour les dix (10) prochaines années.

  1. II.Eléments de diagnostic

Le processus de transformation structurelle de l’économie nécessite un développement du tissu industriel, considérée comme l’un des moteurs du développement économique. L’industrie est indispensable à la transformation des produits de base, la création de valeur ajoutée et d’emplois, l’éradication de la pauvreté, la stimulation du progrès et de l’innovation technologique.

A cet effet, le Gouvernement a mis en œuvre différentes politiques et stratégies relevant du secteur « Transformations industrielles et artisanales ». Les principaux acquis dans la mise en œuvre de ces référentiels sont notamment :

-          l’accroissement de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière d’environ 5% en moyenne ;

-          la progression de la production d’or de moins d’une tonne en 2007 à 36,5 tonnes d’or métal en 2016 ;

-          l'accroissement du taux d'électrification nationale, de 12,1% en 2004 à 20,07% en 2016 ;

-          l’opérationnalisation de la Chambre des Métiers de l’Artisanat du Burkina Faso (CMA-BF) ayant facilité l’accès des artisans aux marchés publics ;

-          l’amélioration du climat des affaires qui a permis la création de 7142 entreprises en moyenne par an entre 2012 et 2016.

Toutefois, en dépit des progrès majeurs constatés, des insuffisances sont relevées. Ces insuffisances sont entre autres le coût élevé des facteurs de production, la faible diversification de la production industrielle, la faiblesse de la compétitivité des entreprises industrielles et le faible niveau de transformation des produits locaux.

En vue de faire face à ces contraintes, les défis majeurs à relever pour les dix prochaines années se résument à :

-          l’accroissement du niveau de transformation des matières premières locales ;

-          l’accroissement des retombées de l’exploitation des substances minérales pour un développement durable ;

-          le renforcement de l’accessibilité aux services énergétiques de qualité et la promotion de l’efficacité énergétique ;

-          l’accroissement de la productivité de l’artisanat ;

-          le renforcement du cadre institutionnel et juridique du secteur.

  1. Eléments de politique

Partant des fondements et considérant les défis à relever par le secteur, la vision retenue pour la politique sectorielle « transformations industrielles et artisanales » s‘énonce comme suit : « A l’horizon 2027, le Burkina Faso dispose d’un secteur secondaire performant et moderne, soutenu par un tissu industriel et artisanal diversifié, compétitif, porteur de croissance durable et d’emplois décents ». 

A cet égard, son objectif global est de rendre le secteur industriel et artisanal compétitif, créateur de forte valeur ajoutée et d'emplois décents.

A l’horizon 2027, les impacts attendus de la mise en œuvre de la politique sectorielle « transformations industrielles et artisanales » se présentent comme suit :

-          l’industrie manufacturière est compétitive et crée davantage de richesses et d'emplois décents ;

-          la contribution de l’industrie minière à l'économie nationale est accrue ;

-          l'accès aux services énergétiques de qualité et la promotion de l'efficacité énergétique sont garantis ; 

-          le sous-secteur de l'artisanat est davantage dynamique en matière de création de richesses, d'emplois et d'exportations ;

-          l'environnement des affaires est plus incitatif et le secteur privé renforcé dans ses capacités d'initiative et de gestion.

La réalisation de ces impacts se traduira par l’augmentation de la part de l’industrie manufacturière au PIB de 6,6 % en 2016 à 15% en 2027, l’accroissement de la part des produits manufacturés dans les exportations de biens de 10,6% en 2014 à 25% en 2027 ; l’augmentation de la part des industries extractives dans le PIB de 8,3% en 2016 à 12% en 2027 ; l’accroissement du taux de couverture électrique national de 33,55% en 2016 à 80% en 2027 ; l’augmentation du taux d'électrification national, de 20,07% en 2016 à 60% en 2027 ; l’accroissement du taux de la productivité moyenne de l'artisanat à 30% en 2027 et l’amélioration du classement Doing Business du Burkina Faso de la 143ème en 2016 à 125ème place au niveau mondial à l’horizon 2027.

La Politique sectorielle « Transformations industrielles et artisanales » s’articule autour de quatre (04) axes stratégiques.

Le premier qui traite du renforcement de la gouvernance du secteur se décline en deux (02) objectifs stratégiques : (i) renforcer le cadre institutionnel, organisationnel et juridique du secteur et (ii) créer les conditions favorables à l’éclosion d’un secteur privé dynamique.

L’Axe stratégique 2 relatif à l’accroissement du niveau de transformation des matières premières locales et de la productivité artisanale poursuit deux (02) objectifs stratégiques : (i) accroître le niveau de transformation des matières premières locales et (ii) accroître la productivité de l’artisanat.

L’Axe stratégique 3 qui porte sur l’amélioration de l’accessibilité aux services énergétiques de qualité et la garantie de l’efficacité énergétique compte deux (02) objectifs stratégiques : (i) assurer un accès universel aux services énergétiques modernes de qualité et (ii) promouvoir l’efficacité énergétique.

L’axe stratégique 4  relatif au développement de l’industrie minière pour une croissance inclusive a pour objectif stratégique d’accroître les retombées de l’exploitation des substances minérales pour un développement durable.

  1. Stratégie de mise en œuvre

La mise en œuvre se fera à travers les plans d’actions ministériels, la matrice des réformes et d’investissements structurants, les stratégies thématiques et les plans de travail annuels. Elle impliquera de nombreux acteurs avec au premier plan l’Etat burkinabè, mais aussi les collectivités territoriales, les partenaires techniques et financiers/Organisations Non Gouvernementales, le secteur privé, la société civile, les communautés et responsables coutumiers et religieux et la diaspora burkinabè.

Les mécanismes de pilotage et de suivi-évaluation de la Politique sectorielle comprennent les organes tels que le Cadre Sectoriel de Dialogue (CSD), le secrétariat technique et les groupes thématiques.

Le financement de la politqiue sectorielle sera assuré par le budget de l’Etat, les Partenaires Techniques et Financiers (PTF) et le secteur privé.

  1. Risques

Les principaux risques susceptibles d’entraver l'atteinte des performances projetées et qui nécessitent que des mesures de mitigations idoines soient prises sont les suivantes : (i) l’insécurité, (ii) l’instabilité sociopolitique, (iii) l’instabilité institutionnelle, (iv) la faible adhésion des acteurs, (v) les crises économiques internationales et régionales, et (vi) les catastrophes naturelles.

 

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