LE CADRE INTEGRE RENFORCE

LE CADRE INTEGRE RENFORCE (CIR) : POUR LA PROMOTION DU COMMERCE DANS LES PMA

Le Cadre intégré renforcé (CIR) est un partenariat mondial d'Aide pour le commerce lancé en octobre 1997 avec pour objectif d'accroître la capacité des Pays les moins avancés (PMA) à s'intégrer dans le système commercial multilatéral par un accès accru aux marchés afin de réduire durablement la pauvreté. Ce partenariat réunit les PMA bénéficiaires, les donateurs et les organisations internationales. De façon spécifique, le CIR vise à :

-          intégrer le commerce dans la stratégie nationale de développement ;

-          mettre en place les structures nécessaires pour coordonner la fourniture de l'assistance technique liée au commerce ;

-          renforcer la capacité à faire du commerce, notamment à accroitre l'offre.

Le financement des projets du CIR provient du Fonds d'affectation spéciale (FAS) alimenté actuellement par une vingtaine de donateurs. Ce FAS est géré par le Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets (UNOPS). Les PMA peuvent également mobiliser des ressources financières auprès des partenaires bilatéraux/régionaux/ multilatéraux ou à travers les budgets nationaux pour financer leurs projets.

Etat de la mise en œuvre du CIR au Burkina Faso

Genèse et dispositif institutionnel

Le Burkina Faso a accédé au CIR en 2005 et a réalisé son étude diagnostique sur l’intégration commerciale (EDIC) en 2007, validée en 2008. Cette étude en tant que principale référence pour le financement des priorités liées au commerce, a proposé un plan d’action dont la mise en œuvre a nécessité la création, en 2011, d’une Unité de Gestion du Programme dénommée « Unité nationale de mise en œuvre du Cadre intégré renforcé – UNMO/CIR ». Avec un effectif de neuf (9) personnes dirigée par un Coordonnateur, l’Unité est placée sous la supervision du Directeur Général du Commerce qui joue le rôle de Point focal national (PFN) et d’interlocuteur avec les instances au niveau global du CIR.

Le CIR est gouverné et orienté par un Comité de pilotage composé de 20 membres représentant le secteur public, le secteur privé et la société civile. Il est présidé par le Secrétaire Général du Ministère en charge du commerce.

La Banque africaine de Développement (BAD) joue le rôle de Facilitateur des donateurs et travaille avec le PFN et l’UNMO/CIR à soutenir la coordination des actions des donateurs et leur dialogue avec le gouvernement sur les questions d’aide pour le commerce.

LES RESULTATS ET LES ACQUIS

Entre 2011 et 2017, l’Unité nationale de mise en œuvre du CIR a pu mobiliser 5,6 milliards de Francs CFA pour financer la mise en œuvre des actions d’appuis institutionnels et de soutiens aux filières porteuses. Ces ressources ont permis d’atteindre les principaux résultats suivants :

En termes d’appuis institutionnels, le CIR a permis :

-          le renforcement des capacités des ressources humaines du MCIA et le financement de certaines activités dont l’actualisation de la politique sectorielle de l’industrie, du commerce et de l’artisanat et de son plan d’action ;

-          le plaidoyer pour l’intégration du commerce dans la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable et du Plan national de développement économique et social (PNDES) ;

-          la mise en place d’un mécanisme de suivi des flux d’aide pour le commerce en collaboration avec la DGCOOP ;

-          la mise à jour de la matrice des actions de l’EDIC, l’élaboration de la stratégie de développement durable de la filière karité et du Plan à moyen terme avec l’appui technique respectif du Centre du commerce international (ITC) et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).

Ces acquis ont fait l’objet d’un projet intitulé « Projet de soutien à la durabilité des interventions du Cadre intégré renforcé ».

D’une durée de deux ans (2017-2018), le projet a pour objectif général de permettre au Burkina Faso de disposer d'un programme en matière de commerce favorable à la croissance durable au profit des populations pauvres.

De façon spécifique, il s’agit de :

-          améliorer la contribution des politiques et stratégies en faveur du commerce pro-pauvre ;

-          intégrer le commerce dans les stratégies et plans nationaux de développement ;

-          assurer la coordination de la fourniture des ressources liées au commerce ;

-          mobiliser des ressources pour soutenir les initiatives qui répondent aux priorités de la Matrice des actions de l’EDIC.

Le projet a un coût global de 356 399 000 F CFA dont 300 000 000 FCFA financés par le FAS/CIR et 56 399 000 F CFA par la contrepartie nationale.

Appui à la promotion des filières porteuses : le CIR a permis la formulation et la mise en œuvre des projets sur les filières sésame, mangue, anacarde et karité.

Le Projet de renforcement des capacités productives et commerciales de la filière sésame au Burkina Faso

D’un coût total de 1,390 milliard FCFA (86% FAS et 14% Etat), le projet a été mis en œuvre de 2012 à 2017 avec l’appui du Programme Développement de l’Agriculture (PDA/GIZ). Le projet a permis d’accroitre significativement les quantités et les recettes d’exportation du sésame. A titre illustratif, la quantité de sésame exporté est passée de 98 754 tonnes en 2012 à 171 461 tonnes en 2015. Durant la même période, les recettes d’exportations sont passées de 89,5 millions USD à 169,8 millions USD.

Le projet a également permis

-          La mise en place de l’Union nationale des producteurs de sésame du Burkina Faso (UNAPROSEB), de l’Association nationale des transformateurs de sésame du Burkina Faso (ATS-B), de l’Association nationale des commerçants et exportateurs de sésame du Burkina Faso (ANACESB) et de l’Interprofession sésame du Burkina Faso (INTERSEB).

-          L’équipement du siège de l’interprofession en mobilier de bureau et matériel informatique et l’élaboration/mise en œuvre des plans d’actions des faitières.

-          L’organisation d’un voyage d’études en Ethiopie au profit de 6 acteurs dont 2 acteurs par maillon.

-          La formation de 467 producteurs et productrices de sésame sur les thématiques liées à la production de bonne qualité de sésame.

-          L’encadrement de 19 000 producteurs durant les campagnes agricoles.

-          L’organisation d’un voyage d’études en Ethiopie au profit de 7 membres de l’UNAPROSEB.

-          La construction de 4 magasins de stockage d’une capacité de 100 tonnes chacun

-          La production et distribution de 40 tonnes de semence de base de sésame aux producteurs semenciers.

-          La conception et la reproduction d’outils de travail et de bonnes pratiques : cahier des charges pour l’exportation du sésame, guide et boîte à image sur la production du sésame.

-          Le diagnostic et la caractérisation de 8 unités de transformation.

-          La conception et mise à la disposition des unités de transformation d’un logiciel de gestion.

-          La formation des transformatrices/transformateurs sur la Comptabilité simplifiée, les bonnes pratiques d’hygiène, l’utilisation des emballages appropriés, la technique de production de l’huile de sésame, la technique de production de la pâte de sésame, et l’usage de code barre.

-          La participation des unités de transformation aux manifestations commerciales internationales notamment à Taiwan, au Canada, en France.

-          Le soutien pour l’organisation de deux foires nationales de sésame. 

-          Le soutien pour l’organisation de 5 journées régionales promotionnelles de sésame.

-          Le renforcement des capacités des exportateurs de sésame sur les Incoterms, les techniques de négociations commerciales et la participation aux manifestations commerciales.

-          La participation des exportateurs aux manifestations commerciales internationales notamment au Vietnam, en Ethiopie, en Arabie Saoudite, en Taiwan.

-          L’élaboration de 5 plans d’affaires au profit de 5 unités diagnostiquées.

-          L’équipement en matériels et outils de transformation des 5 unités dotées de plan d’affaires.

-          L’organisation de 3 rencontres entre acteurs et institutions de financement ayant permis la mobilisation de 450 millions de FCFA mobilisés auprès d’une banque de la place à un taux préférentiel.

Le projet d’appui à la commercialisation de la mangue séchée et de noix de cajou transformée

D’un coût global de 1,58 milliards de FCFA dont une contrepartie nationale de 230 millions de FCFA (14,8%), l’objectif global du projet est de contribuer à l’accroissement des recettes d’exportation de mangue séchée et de noix de cajou transformée et à l’amélioration des revenus des acteurs.

De façon spécifique le projet vise à :

-          renforcer les capacités organisationnelles et techniques des acteurs ;

-          améliorer les capacités techniques et technologiques des unités de transformation ;

-          accroître le volume des exportations de mangue séchée et de noix de cajou transformée ;

-          améliorer l’accès des acteurs aux services financiers.

Le projet est mis en œuvre sur quatre ans (juillet 2014 à juin 2018) par l’Unité nationale de mise en œuvre du Cadre Intégré Renforcé (UNMO/CIR) en partenariat avec l’Organisation Néerlandaise de Développement (SNV).

Projet d'appui au développement intégré de la filière karité pour l'autonomisation économique des femmes au Burkina Faso

Le coût global du projet est de 844 millions de FCFA et se répartit comme suit :

-          Subvention de la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds d’assistance au secteur privé africain (FAPA) : 675 millions de FCFA (80%) ;

-          Contribution du Gouvernement du Burkina Faso : 169 millions de FCFA (20%).

Le projet a pour objectif global de favoriser le développement de la filière karité par une approche intégrée tendant à renforcer les capacités des acteurs des différents maillons de la chaîne de valeur, dont 90% des acteurs sont des femmes.

De façon spécifique le projet vise à :

-          renforcer les compétences et l'organisation des acteurs selon les maillons de la chaîne de valeur et leur mise en réseau ;

-          améliorer l'accès des acteurs au crédit pour la collecte et la transformation des amandes de karité ;

-          améliorer la qualité du produit dans la chaîne de valeur et faciliter son accès au marché.

Le projet a une durée de vie d’environ deux ans et demi (septembre 2016 à juin 2019) par l’Unité nationale de mise en œuvre du Cadre Intégré Renforcé (UNMO/CIR) qui a mis en place un pool de consultants pour la réalisation des activités.

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